L’Évangile selon Walt Whitman relate une rencontre littéraire entre la vieille Ecosse et le Nouveau Monde : celle du jeune Robert Louis Stevenson qui cherche sa voie et sera ébloui par la poésie de Walt Whitman. Il dévore les textes du grand poète de 30 ans son ainé. Quelle énergie se dégage de l’homme qui ouvre le nouveau monde à la poésie ! Whitman se nourrit de ces espaces sans fin sur lesquels les nouveaux venus défrichent les terres, sèment et plantent. Stevenson écrira à maintes reprises des présentations de cette œuvre pour les lecteurs de la vieille Angleterre, affinant chaque fois son étude. L’Évangile selon Walt Whitman nous présente cette belle confrontation critique.

 

 

Cette anthologie présente un choix de poèmes et textes en prose de l’œuvre si riche et méconnue de l’écrivaine, premier auteur d’Amérique Latine couronné par le Prix Nobel de littérature en 1945. Cette belle traduction en français vient réparer ce manque et nous comble par ce voyage au Chili natal ainsi que par la découverte de la Provence française et de son poète Frédéric Mistral, auquel elle empruntera son pseudonyme littéraire. On y découvre joies et tristesses d’une vie pleine et ardente de convictions. Un voyage dans les richesses d’écriture et d’ardeur de vie d’une grande dame de la littérature.

 

 

Zheng Xiaoqiong, née en 1980 dans une famille de paysans pauvres de la province du Sichuan travaille, jeune adulte, sur une chaîne de fabrication, soumise aux cadences infernales et déshumanisantes. Entre réminiscences d’un monde perdu où fleurit la vie avec puissance et description d’une situation présente, sans échappatoire, rouillée et crissante, Zheng Xiaoqiong nous présente un monde difforme où l’homme devient machine et les machines monstres. Néanmoins, souvent, renait l’espoir : la beauté du verbe et les évasions fugaces de la pensée qui nous rappellent à la vie.

 

 

 

La singularité de Pessoa, c’est qu’il fut « plusieurs » : le poète « orthonyme » et celui d’innombrables « hétéronymes », ses masques, avec pour chacun une biographie et un style propres? Cette anthologie en retient les différentes figures : le futuriste Alvaro de Campos, le païen Alberto Caiero, le disciple d’Horace Ricardo Reis, le poète initié de Message et celui de Bureau de tabac qui donne son titre à cette anthologie. Cette poésie exprimant une déchirure existentielle est un des sommets de la poésie moderne. Cette anthologie permettra au lecteur français de découvrir ou de retrouver ce grand poète protéiforme. Elle rend aussi hommage au traducteur inspiré que fut Armand Guibert (1906-1994), passeur considérable et pluriel d’œuvres poétiques écrites en plusieurs langues.   – Pierre Rivas 

 

 

Il voulait être « le » grand poète irlandais. C’est lorsqu’il comprit qu’il ne surpasserait jamais son compatriote W. B. Yeats (1865-1939) que le jeune James Joyce prit le chemin de la prose. Avant cela, à l’été et l’automne 1904, c’est-à-dire l’année où il rencontra Nora Barnacle à Dublin, et peu avant leur départ pour Trieste, Joyce composait les courtes pièces de cette Musique de chambre. Dédiés à celle qu’il épousera en 1931, traduits avec grâce et élégance par Olivier Litvine – avec, c’est un réel plaisir, le texte original en vis-à-vis -, ces trente-six poèmes d’amour marquent donc le début et la fin de la carrière de Joyce poète. Pourtant, dans la façon dont se mêlent les sens et les sons, les paroles et les rythmes, cette musique est prémonitoire – certains poèmes annonçant déjà le monologue de Molly Bloom à la fin d’Ulysse. À glisser dans un sac d’été pour savourer un Joyce méconnu, voluptueux et sensuel.   – Florence Noiville